Contexte : Après une bonne prépa trail « généralisée », j’aborde cette épreuve pour « valider » ce cycle d’entrainement de printemps. La fin du plan fut difficile, avec une bonne sensation de fatigue les dernières semaines. Cette épreuve marque aussi le début de ma préparation spécifique en vue de la TDS, et s’assimile à un bon « weekend choc », pas spécialement en volume, mais surtout en intensité.
Objectif : Niveau 2 : objectif important. Ne connaissant pas spécialement les inscrits présents à ce trail, je n’ai pas vraiment d’objectif de classement, même si je pense bien pouvoir rentrer dans le Top10 (voir le Top5 si le niveau n’est pas trop relevé).
Déroulement :
Nous arrivons sur Vallouise le vendredi soir en compagnie de mon père, de Damien et de Fabien. Nous retrouvons Philippe lors du retrait des dossards. Christophe nous rejoindra peut de temps après, en compagnie d’Aurélien et d’Hervé.
A 20h, toute l’équipe de choc est réunie et nous installons notre campement (enfin, sauf Philippe qui loge à l’hôtel, et Christophe et Fabien qui ont préféré le luxe du gite).
La soirée ne s’éternise pas et nous endormons rapidement.
Nous avons beau être à la mi-juin, la nuit fut tout de même bien fraîche et mon sommeil fut plusieurs fois coupé en raison du froid.
Vers 7h00, tout le monde sort de sa tente et après un petit déjeuner sommaire nous rejoignons la navette qui nous amène sur L’Argentière-La Bessée, lieu de départ de cette première journée.
Une fois sur place, il n’y a plus qu’à attendre sagement le départ qui sera donné à 9h30. L’ambiance est conviviale, mais malgré cela, je ne parviens pas à complètement me réveiller. Je reste avec une sensation de sommeil très tenace. Je ne m’inquiète pas trop car cela m’arrive de temps en temps (mais en général, cela ce passe lors de départ bien plus matinaux) puis ça disparaît après le départ.
Après un court échauffement en compagnie de Damien et Christophe, nous voilà sur la ligne de départ. Celui-ci est donné et je me cale un peu sur le rythme de Damien. L’allure est assez rapide, mais je me sens plutôt facile, ce qui me rassure un peu pour la suite.
Nous discutons brièvement entre coureurs mais les mots deviennent de plus en plus rares au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la ville.
Après quelques minutes, je me sens déjà légèrement en sur-régime et préfère laisser Damien s’échapper. Le parcours propose bientôt une montée assez régulière au milieu des arbustes. J’entame cette ascension en trottinant mais assez rapidement, je sens le cardio qui s’emballe un peu trop. Je regarde la montre. Je suis à plus de 180 puls alors que je n’ai pas l’impression de forcer tant que ça. Du coup, je passe en mode marche rapide pour tenter de faire baisser les puls et éviter d’exploser trop tôt. Je me rends compte que mes sensations de fatigue du départ sont toujours présentes et que je n’arrive pas à me « réveiller » correctement. Du coup, j’ai déjà une bonne lassitude alors que le weekend ne fait que commencer. Ça promet.
En plus, j’ai anormalement soif depuis le départ. En principe, je ne bois que très peu durant les 2 premières heures de course mais là, je ne cesse de prendre de petites gorgées.
Je perds de nombreuses places dans cette ascension et me retourne régulièrement en pensant voir bientôt surgir Christophe, mais pour le moment, pas de Christophe en vue, ce qui me laisse penser que je ne suis peut-être pas si lent que ça…
Arrivé au col de l’Aiguille, le parcours devient un peu plus roulant et j’espère bien que le fait de trottiner me réveillera un peu, mais malheureusement mes sensations restent identiques.
Le parcours est pourtant très agréable et nul doute que j’aurai pris beaucoup de plaisir en temps normal sur cette portion. Je passe à présent sous des rochers puis dans une pente bien raide équipée d’une main courante (pour une fois, je l’utilise copieusement). Je profite de la présence d’un secouriste pour boire quelques gorgées dans la bouteille qu’il me propose car je sens que je vais du mal à tenir jusqu’au ravito du 22e km.
Un peu plus haut, le tracé devient moins pentu et je reprends peu à peu du plaisir à courir. Cette amélioration se traduit rapidement par mon retour sur le coureur qui me précède. Le moral revient un peu de je profite de ce bon passage pour gagner encore quelques places. Mais je ne suis pas euphorique, car je me doute fortement que ces bonnes sensations ne devraient pas durer jusqu’à l’arrivée. En effet, à force de boire pour satisfaire ma soif, je me retrouve à présent avec le ventre gonflé d’eau, avec des ballonnements et des nausées pour accompagner tout ça. D’autant que ma soif ne s’étant pas résorbée, j’ai été contraint de puiser un demi-bidon dans un ruisseau, ce qui ne devrait pas arranger mes maux de ventre....
Mais pour le moment ça passe, alors je profite de la descente pour limiter les dégâts. Je double encore 1 ou 2 coureurs, puis juste après une traversée périlleuse d’un torrent, je passe un groupe de 4 coureurs au sein duquel se trouve Sébastien Nain, du team Compressport.
Je me dis alors que je ne suis pas si à la rue que ça et profite du reste de la descente pour prendre un peu d’avance et arriver seul au ravito.
Je prends bien mon temps pour me restaurer et refaire le plein de mes bidons (1 en eau plate et 1 en eau gazeuse). Je repars dans l’ascension suivante tandis que 2 coureurs arrivent au ravito.
On m’annonce 12e et j’aperçois les 10 et 11e pas trop loin dans la côte. Je commence à croire à un possible et inespéré Top10.
J’attaque la grimpette sur un bon rythme mais malheureusement, vers la moitié de l’ascension les crampes font leur apparition. Je suis donc contraint de m’étirer un peu et de baisser un peu d’intensité. Pourtant, je parviens à gagner une place dans cette montée. Sébastien Nain et un autre coureur me rejoignent vers le sommet de l’ascension. La pente devient à présent « courable », mais je suis contraint de laisser filer ces 2 coureurs en raison de mes crampes.
Heureusement, les crampes sont plus supportables dans les portions descendantes.
Une petite portion roulante puis montante me fait perdre de vue les 2 coureurs et un autre revient à ma hauteur. Nous évoluons un petit moment ensemble jusqu’à ce que je sois contraint de m’étirer une nouvelle fois.
Ensuite débute un long moment de solitude durant lequel je me force à trottiner un maximum, jusqu’à ce que les crampes m’en empêchent. Mes nausées sont toujours présentes et je suis même contraint de m’arrêter vomir rapidement.
Je rejoins enfin le deuxième ravito à Puy St Vincent. Je mange un peu, mais pas beaucoup à cause des nausées et repars en espérant que l’arrivée sera vite là. Un bénévole me casse un peu le moral en me disant qu’il reste encore une bonne difficulté…
Alors que je m’attendais à descendre majoritairement, le parcours est plutôt plat, légèrement vallonné. Je trouve cette partie très longue et très lassante. J’ai vraiment hâte d’en finir, mais je n’arrive plus à avancer. Je marche énormément.
Voici enfin la dernière difficulté, qui est en fait un raidillon très court. Ensuite débute la dernière descente où j’arrive à retrouver une allure convenable. Cette descente slalome dans les bois et est assez plaisante. Un peu plus loin je reconnais être déjà passé par là en 2007, lors d’un footing que j’avais fait pendant mon Tour de l’Oisans (GR54).
Cette section me permet aussi de gagner une place au classement puisqu’un coureur n’arrive pas à descendre à cause des crampes.
Une fois en bas, je sais qu’il reste environ 2km de plat où je trottine et me permet quelques passages de marche.
Voici enfin l’arrivée. Je franchis la ligne en 5h05’42 (44km, 2300m+, 13e). Damien est là pour m’accueillir. Il a fait une très belle course et finit 7e (4h48).
sur le gragh : le cardio en haut, le profil au milieu et la vitesse en bas.
Petit passage par le ravito d’arrivée, mais il n’y a pas grand-chose qui m’attire. Je préfère rentrer au campement pour me doucher et me reposer en attendant le reste de la troupe.
Avant la douche, je suis contraint de vomir une nouvelle fois.
Ensuite, ça va un petit peu mieux et je commence à penser à la récupération en vue du lendemain. Avec Damien, séance de massage (récup active) au Compex, sur les quadris, puis les mollets. Un peu plus tard, Christophe nous prête un peu de crème de récupération. Avec tout ça, c’est sûr qu’on sera au top le lendemain. En tout cas, on l’espère.
Par contre, je suis assez inquiet car un orteil est plutôt douloureux. L’ongle semble avoir un peu ramassé en descente et j’ai du mal à marcher avec les XT Wings. J’essaye les S-Lab et ce coup-ci, la gêne est très modérée. Ouf ! J’hésitais un peu pour sur le choix des chaussures pour l’étape du dimanche, mais à présent, le choix est fait.
Le dîner festif se passe ensuite devant le camping. Le bœuf à la broche est très bon, mais le gratin de patate est un peu léger en terme de quantité. C’est que la journée a creusé les appétits de tout le monde, et que demain, on va encore dépensé de l’énergie.
Après le repas, on ne s’attarde pas pour danser et direction le campement pour prépare les affaire du lendemain et se coucher de bonne heure.
La nuit fut encore bien fraîche, mais ce coup-ci, j’avais pris davantage de précautions, et je n’ai pas beaucoup était réveillé par le froid (mais un peu quand même). Le petit déjeuner est offert par l’organisation, ce qui nous permet de disposer de boissons chaudes. Bien appréciable étant donné le froid qui règne.
Ensuite, chacun se prépare plus ou moins chaudement et nous assistons au briefing de Patrick Michel. Il nous annonce que la météo est incertaine et que la course pourrait être stoppée au premier ravitaillement (21e km). La neige est annoncée à 1800m et nous devons passer à 2600m ; on verra bien quand on y sera.
Le départ est donné et les jambes ne sont pas trop mauvaises. Quoiqu’il en soit, je reste prudent car le parcours débute par une petite cote de 400m+ en sous-bois. Je prends une bonne allure de croisière et la maintiens jusqu’au sommet. Quelques coureurs m’ont dépassé, mais peu importe, la journée sera encore longue aujourd’hui. Je profite ensuite de la descente pour réduire l’écart avec le groupe qui me précède. J’aperçois Corinne Favre dans celui-ci, mais je n’ai aucune prétention de chercher à l’accrocher vu le profil « montagne » du jour.
Au pied de la descente, nous traversons le hameaux des Vigneaux où Aurélien (qui n’a pas pris le départ aujourd’hui en raison d’un genou douloureux) et Agnès (la femme de Philippe) sont là pour nous encourager. Je suis environ 15e mais la course débute seulement.
En effet, le tracé nous indique une longue montée de 1500m+.
Je me sens bien mais je préfère marcher régulièrement pour ne pas trop exploser par la suite. Je gagne 1 places ou 2, mais j’en perds également. D’autant que par la suite, la pente devient plus douce. Mais je ressens tout de même la fatigue de la veille et je n’arrive pas à courir suffisamment longtemps. Je me fais rejoindre et dépasser par quelques coureurs.
A un moment, 2 gars me passent et je me force à m’accrocher à leur allure (je suis alors 18 ou 19e). On discute un peu et eux sont persuadés que la course sera stoppée au ravitaillement. Personnellement, j’en suis moins sûr et préfère ne pas trop me griller au cas-où.
Peu avant la ravitaillement, j’aperçois un coureur au loin en direction du col. J’annonce à mes camarades que l’arrivée sera bien à Vallouise. Cela semble leur avoir mis un petit coup au moral et je me détache un peu pour arriver seul au ravito.
J’y parviens après 2h30 de course (21km-1400m+). La barrière était annoncée à 3h30 de course. Je me dis qu’il risque d’y avoir pas mal de mises hors délais (je pense notamment à mon père).
Je repars ensuite en compagnie de Jean-Luc Pigeault, l’un des rares finisher de toutes les éditions de l’UTMB. On reste un peu ensemble, à avancer contre le vent glacial.
Un peu plus haut, une fois sorti de la piste forestière, je mène l’allure et me détache sans trop le vouloir.
Le parcours est très agréable. Très « alpin », avec quelques névés, un petit lac d’altitude, des sommets dans toutes les directions…
En levant un peu la tête, j’aperçois quelques coureurs plus en avant. Ça me motive et j’intensifie mon allure. Je rattrape rapidement un coureur qui semble bien mal au point. Je l’encourage mais on voit bien qu’il est cuit.
Plus loin, je reconnais Damien à quelques minutes. Je me fixe alors comme objectif de le rejoindre avant le passage au sommet. Je prends régulièrement les écarts : 4’ puis 3’, puis 2’… Finalement, le col est déjà là et je le franchis avec environ 1’ de retard. Je me dis alors que je devrais pouvoir combler ce retard dans la descente, mais je m’aperçois vite que j’ai tout de même bien forcé sur la fin de l’ascension et que j’ai besoins de souffler un peu. En plus, mon orteil au pied gauche est un peu gênant sur certains appuis. Du coup, je descends sur un bon rythme, mais sans attaquer ; et globalement l’écart se maintient jusqu’en bas.
Sur la fin, je vois au loin que Damien est revenu sur 2 autres coureurs.
Je passe ensuite devant Aurélien et Agnès qui m’encouragent et me signalent que le ravito est juste là.
Une fois à celui-ci, J’aperçois Damien qui s’apprête à repartir avec les 2 autres coureurs. En me voyant, il me dit q’il m’attend et que l’on finit ensemble. Mais comme je dois quitter ma veste, mes manchons, et refaire le plein de mes bidons, je lui dis de filer.
Une fois mon « bricolage » effectué, je repars avec l’intention de revenir assez rapidement sur les 3 coureurs. Je sais qu’il ne reste que 7 ou 8 km et le profil est plutôt descendant. Après plusieurs minutes, je reviens sur Damien, légèrement décroché par les 2 autres.
On décide bien entendu de finir ensemble et l’on se motive pour conserver un train correct. Cela nous permet de bien trottiner sur cette fin de course peu intéressante.
A proximité de Vallouise, nous reprenons l’un des 2 coureurs et décidons de finir à 3.
Nous franchissons la ligne en 4h57’31 (41km et 2200m+) en 10e position.
A l’arrivée, nous partageons une bonne binouze bien méritée et attendons nos camarades au campement. Philippe aura fait une superbe course pour finir 3e V2. Christophe, pas dans un bon jour finira avec Fabien. Hervé arrivera un peu plus tard, bien heureux de sa journée. Quant à mon père, il aura malheureusement été stoppé par la barrière horaire très sévère du premier ravitaillement (3h30 - 21e km – 1400m+)
Sur l'ensemble du weekedn, je termine 11e. Un résultat un peu décevant mais finalement pas trop mal vue mes sensation du weekend.
Une fois tout le monde réunis, nous nous restaurons au délicieux buffet (copieux aujourd’hui) et rentrons sur Vizille.
en haut le profil et en bas la vitesse
Points positifs : Le weekend fut très sympa et convivial. C’est toujours agréable de partager sa passion entre amis ou en
famille.
S’agissant d’une course de préparation, cela m’aura permit un rappel sur la gestion d’avant-course (bien dormir, attention au froid, bien déjeuner le matin, ….)
Points négatifs : Les sensations furent très mauvaises le 1er jour. Tout s’est enchainé : fatigue, soif, nausées, ballonnement, crampes, lassitude …
Sur le 2e, ce fut un peu mieux dans l’ensemble, même si la première moitié de course fut effectuée sans jambes et sans envie.
Mon pied fut un peu gênant le dimanche, mais cela m’a surtout engendré une inflammation douloureuse pour les jours suivants.




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