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Objectif : Niveau 1 : objectif majeur. Il s'agit de mon objectif de l'année. Le grand rendez-vous du trail français. Beaucoup d'investissement et de préparation pour tenter de finir enfin dans le Top50. Je sais que pour y parvenir, je devrais finir en moins de 7h45. Ce challenge me semble tout à fait possible d'un point de vue potentiel, mais les dernières semaines m'obligent à entrevoir que le simple fait d'arriver peut-être déjà une réussite (inflammation d’un nerf d’un orteil).
Contexte : Le contexte est assez complexe ce coup-ci. Voici un petit récapitulatif détaillé de l'état dans lequel je me présente au départ.
La préparation commençait pourtant bien:
Depuis ma participation de l'an dernier et plus encore depuis ma course avortée au Beaufortain (avant même le jour du départ), je suis très motivé par cet objectif. Je me suis donc investi au maximum dans la préparation de cette course en faisant tout se qui m'était permis de faire : ainsi, dès fin novembre (un mois avant les inscriptions à la course) je me suis occupé de trouver un logement au centre du village afin de faciliter le séjour pré-compétition (pas de problème de stationnement, facilité pour le retrait des dossards, …). Egalement, je prévois une semaine de congés sur place avant la course, histoire d'être bien reposé et de ne pas ressentir l'effet du trajet.
Mon entraineur m'a élaboré un plan d'entrainement sur mesure par rapport à mes souhaits assez précis (d'après mon expérience de 2008). Le plan est parfait pour moi et je le suis à la lettre.
Ma course de préparation (Trail du Sancy) est plutôt encourageante, malgré des sensations moyennes en raison d'une mauvaise alimentation les jours précédents la course.
Tout bascule :
Début octobre, dernière ligne droite. Je prends encore 2 jours de congés pour cette course afin de réaliser un
bloc d'entrainement de 4 jours. Le premier jour, je cours la Montée de la Bastille histoire de faire un peu de seuil. Malheureusement, le lendemain à la fin d'une sortie qui confirmait ma montée
en puissance, je percute mon gros orteil sur un rocher lors d'une descente bêtement parcouru trop vite (en général, je fais mes descentes plutôt cool à l'entrainement, justement pour éviter les
blessures...). Sur les 2 jours restants de mon bloc, je parviens à maintenir tout de même 2 sorties longues de 34km chacune.
Le
lendemain reprise du boulot et déjà, je ressens une petite gène sous le pied, à la base de mon 2ème « petit » orteil. Rien d'affolant et je me dis que 2 jours de repos me feront du
bien. Le vendredi, je rentre en courant du travail (18km), la douleur est toujours là mais se fait un peu oublier durant l'effort. Le lendemain, dernière sortie longue de prévue avec Franck et
Thierry. Les jambes sont très bonnes, mais la douleur est bien plus présente sous le pied et augmente au fil de la sortie; si bien que je me demande si je pourrai finir le parcours
prévu...
Le dimanche, j'annule ma séance prévue, car la douleur me gène même pour marcher.
Lundi, c'est pire et je commence à bien m'interroger pour la course. Il me reste 2 semaines pour corriger le tir. Sur les conseils de Damien, je vais consulter son kiné/osthéo, qui m'ausculte en vitesse entre 2 rendez-vous. C'est un passionné de sport et sa rencontre sera déterminante pour la suite. Il s'arrange pour me dégager un maximum de créneaux horaires (en fait, il a décommandé plusieurs rendez-vous) et me manipule 3 fois sur la même semaine. C'est ce qu'il appelle la cadence « haut-niveau ». Dans le même temps, j'ai été voir un podologue qui m'a diagnostiqué un névrome de Morton (inflammation du nerf de l'orteil) et établi des semelles correctrices.
De plus, j'ai fait l'acquisition d'un appareil de massage de pied chauffant afin soulager les douleurs et accélérer la guérison. Je fais aussi quelques bains de pieds d'argile et des massages à la balle de tennis, suite aux conseils de Romuald DePaepe. Ces efforts commencent à payer puisqu'en fin de semaine, j'arrive à marcher sans douleur. Niveau sportif, c'est très calme. Je tente de conserver une mini-activité physique en réalisant quelques séances de stepper. Le samedi, je fais une sortie VTT avec Damien et le dimanche (J-7), je réalise un petit test en footing qui me confirme que je peux courir mais que l'inflammation du nerf est bien installée et douloureuse (footing réduit à 30').
Départ pour Nant :
Lundi (J-6), je fais une dernière séance de kiné puis prends la route pour Nant, lieu de la course. Je suis encore indécis sur ma course. Je sais que je prendrai le départ, mais je ne sais pas si je partirai pour 7h45 de course (comme prévu initialement) ou 14h00 (juste pour finir).
Durant la semaine sur Nant, je n'ose pas trop tester mon pied, de peur d'aggraver la situation, je préfère le
laisser au repos un maximum. Je réalise tout de même mon plan diététique prévu, mais sans grande conviction. Je suis toujours indécis et ma motivation en a pris un bon coup. Sur les conseils de
mon kiné, chaque jour, j'effectue une séance de Compex anti-douleur sous le gros orteil afin de diminuer les contractures, en partie responsable de ma mauvaise pose de pied ayant entrainée cette
inflammation. Je fais également régulièment des massages du pied.
Ce n'est que le vendredi (J-2) que je m'autorise un petit footing avec Christophe, ainsi que quelques accélérations. Les sensations sont bien meilleures et je sais que je serai capable de prendre un départ sur de bonnes bases, sans être trop gênés par la douleur, mais combien de temps ???
J-1:
Après une nuit difficile et courte (environ 3 ou 4h00 de sommeil) bercée par des pleurs d'enfants, je passe une
bonne partie de la journée sur la parcours du marathon des Causses pour soutenir pas mal d'amis mais surtout Fanny, qui reprend la course à pieds après la naissance de notre fille, moins de 10
mois auparavant. Fanny rallie l'arrivée avec un peu de retard sur mes prévisions (qui étaient d'ailleurs peu réalistes). Il est 21h et il est temps à présent de manger et de finaliser la
préparation de mes affaires de course et surtout de mon pack assistance (avec les recommandations qui vont avec).
Je me couche vers 23h, change d'heure (il devient 22h) et tente
de trouver le sommeil, mais en vain. Je me tourne et me retourne dans mon duvet, mais rien à faire. Je m'endormirais finalement vers minuit et demi environ.
Jour J :
Déjà 3h00 et il est temps de se lever. Le petit déjeuner est pris avec dans la bonne humeur avec Christophe, Thierry et mon Papa. Je me prépare en essayant de me mettre un peu sous pression, mais
je sens d'emblée que la journée risque d'être longue puisque je n'arrive pas à me défaire de cette sensation de sommeil. Un peu avant 5h, nous sortons du gite pour nous rendre sur la place. Au
niveau conditions météo, il fait incroyablement bon (plus de 10°c) et pour le moment, pas de vent notable. Je partirai donc en T-shirt + gants. Pas d'échauffement et nous nous plaçons dans le sas
de départ, relativement bien placés (environ de 300ème). Il ne reste plus qu'à attendre.
Déroulement :
Je suis bien concentré et la musique d’ERA retentit. Le départ est donné et les feux de Bengale illuminent la route. C’est magique, mais je suis déjà dans ma bulle, concentré sur ma course.
Je suis pas mal gêné par des coureurs plutôt lents et je slalome pas mal pour remonter et trouver mon allure. Après quelques minutes, je me retrouve à coté de Christophe et Thierry, qui papotent un peu. Autant dire que mes tours et détours entre les coureurs n’ont servis à rien puisqu’ils étaient juste derrière moi au départ. 2 ou 3 mots et j’accélère un peu en restant sur la droite.
Ça va mieux au niveau flux et je parviens à prendre une allure qui me convient. J’essaye de ne pas penser à mon pied, mais je suis obligé d’y faire attention. Une gêne est toujours présente, mais rien de douloureux. J’espère que ça évoluera dans le bon sens…
Je poursuis ma remontée sur un train correct mais je sais que j’ai perdu un peu de temps au départ, surtout par rapport à certains coureurs de mon niveau qui étaient bien mieux placés que moi au départ (sas préférentiel).
Le parcours délaisse le bitume pour le chemin et je fais attention à mes appuis. La gêne est moins présente sous le pied et c’est de bon augure pour la suite. Etant plutôt rassuré, je parviens enfin à faire abstraction de mon pied. Je dépasse bientôt Catherine DUBOIS, ce qui me fait penser que je suis sur le bon tempo (en comparaison à d’autres courses de cette année). Juste après, je rejoins Franck, avec qui j’avais partagé quelques sorties longues. Nous avions prévu un départ commun jusqu’à Dourbies, mais nous ne nous sommes pas trouvés au départ. Peu importe, nous voilà réunis pour rallier le 40e kilomètre ensemble.
Franck emboite mon allure et nous limitons les conversations au minimum. Nous arrivons bientôt au fameux petit mur aux alentours du 7e km. Je l’entame en courant pour ne pas faire une trop grosse cassure de rythme puis marche sur un bon rythme. Franck me suit et nous grapillons encore quelques places. On reprend tranquillement notre allure de croisière et poursuivons notre remontée. Après une petite descente, nous traversons la route et prenant un chemin agréable. Dans quelques passages étroits, je suis un peu gêné et parfois contraint à marcher dans des petites bosses où je serai passé en principe en courant.
Nous revenons et dépassons bientôt Aurélia Truel et Anne Valéro, 2 coureuses ayant de bonnes références sur route (marathon en 2h47 et 2h55). Là encore, le fait de les dépasser me confirme que nous sommes sur une allure correcte.
Nous arrivons bientôt sur l’ancienne voie ferrée. Le chemin est large et très roulant. Les 2 coureuses nous rattrapent et nous dépassent doucement. Franck accélère légèrement et reste au contact. Je le mets en garde en lui précisant notre allure très correct et en lui faisant part de mon expérience de l’an dernier, où j’avais à mon avis était un peu trop rapide sur cette partie. Le chemin est encore long jusqu’à Nant, il se replace vers moi.
Nous arrivons bientôt aux abords de Sauclières. Je regarde ma montre et vois que l’on y passera en 1h20, soit 3 minutes de plus que mes prévisions (et 5 de plus que l’an dernier). Rien d’affolant puisque j’avais vu sur le site internet que cette portion avait été rallongée de 700m par rapport à l’an dernier. Nous sommes à l’allure convenue, d’autant que ma montre indique plus d’1 km de plus que l’an dernier.
Je préviens Franck que je m’arrêterai faire le plein de mes bidons et il me dit que je le rejoindrai après le ravito.
Nous entrons dans le village et la foule est comme d’habitude très présente. Je m’arrête au niveau de la table « eau » et je complète mes 2 bidons. L’an dernier, je n’avais pas fait le plein et j’avais était un peu juste. Cette année ça devrait mieux passer, d’autant qu’il fait plus chaud pour le moment. Une fois le plein effectué (en une petite trentaine de secondes), je repars.
Je quitte la route pour le chemin sur la droite et retrouve peu à peu mon allure. Après quelques minutes, je rejoins Franck et nous poursuivons ensemble.
Le parcours est à présent constitué de faux-plats et nous trottinons à une allure convenable. Je me trouve plus à l’aise que l’an dernier, ce qui me rassure un peu. Mais comme en 2008, je sens le sommeil s’emparait un peu de moi. Je me dis que ça passera naturellement avec le lever du jour.
Le peloton est bien étiré, et nous gagnons ou perdons des places en fonction du profil. Dans une montée un peu longue, je suis relativement à l’aise et reviens à hauteur d’ Anne Valéro et Aurélia Truel. De son coté, Franck préfère assurer et se laisse décrocher.
Je reste avec les 2 marathoniennes un petit moment et nous revenons sur Nicole Volard-Gilet (marathon en 2h43). Je suis sur mon rythme avec ces coureuses, mais je ne me sens pas capable d'accélérer pour le moment. J'avoue que je suis vraiment impressionné par le niveau féminin sur cette édition. Je me rappelle que l'an dernier, j'avais rapidement dépassé la première femme dans les 10 premiers km. Là, je suis avec un groupe de 3 femmes et je sais que devant il y a encore Corinne Raux, Laurence Klein et Maud Giraud. Je ne suis plus habitué à courir en compagnie des dames...
Ma surprise est encore plus grande lorsqu'Isabelle Jaussaud (elle était pour moi inconnue avant cette épreuve) nous dépasse en saluant. Je prends un petit coup au moral mais me remobilise rapidement en me répétant de faire ma course sans me soucier des autres. Isabelle s'échappe et je reste en compagnie du trio de marathoniennes.
La pente devient un peu plus forte et nous impose la marche, ce qui me permet de prendre un peu le large sur le groupe de filles. Dès que je le peux, je recommence à courir. Le rythme est toujours bon, mais musculairement, je sens que cela pourrait se dégrader. En effet, je sens mes ischios se raidirent un peu par moment. Pour l'instant, rien de génant, mais je sais d'ors et déjà que je finirais avec des crampes. Je m'applique à bien boire et prends un gel anti-oxydant.
Me voilà à présent dans la dernière partie du St Guiral. Je marche sur un bon rythme et me force à trottiner par moment. Me voilà au sommet (du moins je le pense car le sommet n'est pas très marqué) et je bascule dans la descente.
Je descends prudemment mais tout de même sur une allure correcte. J'en profite pour gagner quelques places. Cette descente alterne sentiers étroits et larges pistes. Bientôt, nous voilà sur la dernière portion, où il faut faire bien attention au fil barbelé que nous longeons. Ce dernier passage avant la remontée sur la Rouvière n'est pas très technique, mais il faut tout de même rester prudent pour ne pas se prendre les pieds dans une motte d'herbe. J'assure donc ma descente.
Je dépasse malgré tout encore quelques coureurs, dont Yann Nourry qui me dit que pour lui, ça ne va pas fort et que l'objectif est à présent de rallier l'arrivée. Je l'encourage brièvement en poursuivant ma descente.
Voici déjà la route puis la remontée. Je regarde ma montre et vois que ce sera dur d'être dans les temps prévus sur Dourbies. Pourtant, il m'avait semblait aller à un meilleur rythme qu'en 2008.
La courte remontée est effectuée un peu en dedans, en suivant un coureur. Le passage sur les cailloux est bien agréable et je passe devant la croix. La descente qui suit est courte, mais me convient bien. J'attaque un peu pour récupérer un peu de temps perdu précédemment. En fin de descente, on m'annonce 106e, soit globalement mon classement de l'an dernier au même endroit. C'est un peu rassurant.
Je passe le fameux pont et effectue la remontée sur le village en alternant course et marche. Comme d'habitude, il
y a une ambiance de folie. Beaucoup de monde encourage les coureurs.
Je monte les marches en trottinant et je rentre dans le ravito pour y
prendre 2 verres de Coca. Je ressors rapidement et Fanny me fait signe.
Je suis bien content de la voir, d'autant que j'ai failli la louper puisque vu mon retard, elle pensait m'avoir
manqué et s'apprêtait à partir pour Trêves. Elle récupère mes bidons et m'en transmet des pleins. Également, elle me propose quelques gels et récupère mes tubes vides. J'en profite aussi pour
déposer ma frontale Tikka+ et récupérer la Petzl E-lite, très légère. Fanny me signale que je suis un peu pâle et que j'ai quelques cernes. Je lui répond que pour l'instant ça va, mais que
musculairement, ça va être très difficile.
Je repars doucement vers la fameuse montée sur le Suquet. Dans cette ascension, je vois vraiment que ce n'est pas un bon jour. Je n'arrive pas à relancer et marche péniblement. A mi-pente, je me fais dépasser par une nouvelle femme (Virginie Govignon) et quelques hommes. Heureusement, sur la fin de l'ascension, ça va légèrement mieux et je parviens à retrottiner. Sur le sommet je conserve une allure convenable ce qui me permet de gagner 1 ou 2 places.
La descente sur Trêves débute et je sais que c'est dans ce type de passage que je peux gagner du temps. Je fais une bonne descente et gagne pas mal de place. Seul une personne me revient dessus. Il s'agit de Sandra Martin qui m'a bien impressionné en descente. Malheureusement, en fin de descente, ma montre s'éteint brusquement (probablement un mauvais contact avec la pile). Tans pis, je finirai sans repère chrono ni distance.
Nous arrivons bientôt à Trêves et je dépasse encore quelques traileurs, dont Nicolas Roussel, que j'avais rencontré sur le trail du Sancy. Il me dit que ça commence à être dur pour lui.
J'arrive à proximité du ravito et on m'annonce 81e.
Je rejoins ma troupe juste en amont du point de contrôle, qui
m'encourage. Comme précédemment, j'échange mes bidons vides contre des pleins. Je dépose aussi ma montre et mon footpod qui ne me serviront plus et récupère quelques gels. J'informe Fanny que ça
va un peu mieux qu'à Dourbies, mais elle me dit que je suis encore bien marqué par l'effort... Je repars, me fais pointé au contrôle et entame la montée.
Alors que le moral était bien revenu dans la descente, puis avec l'annonce de ma position, je sens petit à petit que je faibli « dangereusement » dans cette ascension. Mon allure est loin d'être rapide puisque je marche péniblement Ce coup-ci, ce ne sont pas les jambes qui me ralentissent, mais le manque de jus. Je ne comprends pas car depuis le début, je me suis très bien hydraté et ravitaillé. Seulement voilà, je n'avance plus, j'ai la tête lourde et une profonde envie de dormir m'envahit. Je prend un gel « coup de fouet » en espérant voir un effet miraculeux, mais rien à faire. Je lutte toute l'ascension et voilà enfin le plateau.
Je prends une petite foulée en pensant que cela tiendra tout le plateau, mais impossible. Ce sont à présent les crampes qui réapparaissent et que se déclenchent une à une, sur tous les muscles des jambes (ishios, puis quadris, puis mollets, adducteurs, … tout y passe). Je suis donc contraint à m'arrêter de temps en temps, puis à marcher un peu avant de reprendre un nouveau footing... et de nouvelles crampes. Quelle partie de plaisir !!!
Ce qui me rassure, c'est que je ne suis pas seul dans ma galère. La quasi totalité des coureurs qui m'accompagnent me semblent dans le même état puisque lorsque je peux courir, je retrouve les mêmes coureurs qu'à Trêves. Mais c'est d'autant plus rageant que je me dis que si j'étais bien, j'aurais pu gagner pas mal de temps. Mais bon, c'est la course.
Je prends tellement peu de plaisir sur ce plateau et mon envie de dormir grandissant, je commence à me demander si ce ne serait pas plus judicieux de m'arrêter un peu sur un coté et attendre quelques connaissances pour finir la course tranquillement. Avec tous mes partenaires de l'ALE et mon père, j'ai le choix de l'allure. De toutes façons, il est hors de question d'abandonner pour 2 raisons : le chalenge équipe (je tiens à rapporter des points à mon équipe de l'ALE) et le TTN (je compte terminer pour au moins avoir les points bonus pour le classement final).
Mais étant donné que je suis encore dans le Top 100, je vais tenter d'y rester, ne serait-ce que pour le TTN (il faut bien se trouver des motivations...).
Heureusement, en descente, les crampes me laissent tranquille et une fois le long plateau enfin passé, je peux dérouler un peu dans un superbe sentier étroit et un peu technique plongeant vers St Sulpice. Cela me permet de refaire un peu mon retard et de retrouver un peu de moral, même si je sais que dès que la pente va s'inverser, je vais à nouveau terriblement souffrir.
Voici déjà la fin de cette descente et je remonte de l'autre coté du canyon. La remontée est plutôt accidentée. Cela me convient pas trop mal, puisque personne ne peut courir. Du coup, je ne perds pas trop de place dans cette portion. Seulement 2 ou 3 , dont Karine Herry que j'encourage en me décalant sur le bas coté. Je parviens bientôt sur le plateau. Je sais que ce passage n'est pas trop long, mais j'ai du mal à reprendre à courir. Je me rappelle l'an dernier où je m'étonnais à trottiner avec une bonne allure...
Je perds quelques places sur ce passage, mais m'accroche pour ne pas sombrer. Je sais que dans la descente qui suit, ça devrait mieux aller.
Après quelques longues minutes de souffrance, voici la fameuse descente sur Cantobre. Je plonge dans la pente en faisant bien attention à mes appuis, mais pas facile de rester bien concentré avec ce sommeil persistant. Mais la descente n'étant pas trop longue, ça va le faire. Heureusement les crampes se font toujours oublier en descente. En revanche, elles ne sont pas très loin lorsqu'il y a des grosses marches à descendre. Je gagne quelques places dans cette partie, mais manque aussi de bien me ramasser en manquant un virage et en me faisant stopper par la végétation (ouf !).
La fin de la descente est plus tranquille et je me contente de suivre le coureur qui me précède.
Nous arrivons au ravitaillement de Cantobre et j'aperçois Thierry qui m'attend pour faire quelques mètres avec
moi.
Je suis très surpris de sa présence car je le croyais sur la
course. Il m'explique vite fait son abandon sur hypo au Suquet et je retrouve tous mes supporters au ravitaillement.
L'an dernier j'avais mis 1h01 pour rejoindre Nant. Ce coup-ci, j'estime qu'il me reste 1h20 environ à souffrir. Pourtant, j'ai l'impression d'aller un peu mieux et je rejoins le pont sans trop peiner, mais dès que je passe sous la route, je sens que je suis de nouveau à bout de force. Ça va être dur...
Il y a beaucoup de monde sur ce passage et notamment Gilles qui m'encourage. Mais je vois sur son visage qu'il perçoit ma difficulté à avancer.
Durant toute la montée, je marche, je marche, je marche. En me forçant à ne pas m'arrêter. Je me fais dépasser par pas mal de coureurs, mais peu importe.
Sur le plat (ou faux-plat), j'essaye de recourir mais avec les crampes, c'est vraiment trop douloureux. Je n'arrive pas à tenir plus de 20 secondes. Mais je remet ça malgré tout pour limiter ma perte de temps. J'attends avec impatience la descente, mais surtout l'arrivée.
La descente arrive enfin, mais n'est pas très franche au début, ça me semble long, mais j'arrive déjà mieux à courir (même si ça n'est pas très esthétique avec les jambes qui partent à droite ou à gauche en raison des crampes...). Je reviens sur quelques coureurs et récupère quelques places perdues à la montée. Dès que la pente devient plus pentue, je ne calcule plus et descends un peu comme je peux. Je reprends encore quelques places dans cette descente.
Voici enfin le petit muret suivi de la maison en brique. J'arrive sur la route et jette un coup d'oeil derrière. J'aperçois un coureur assez loin, mais allant à toute allure. Je m'efforce d'accélérer pour garder ma place.
Sur le pont, j'aperçois Laurent qui est venu spécialement du Puy de Dôme pour m'encourager. Ça fait vraiment
plaisir. Voici enfin la dernière bosse, mais je vois que derrière, le coureur s'est bien rapproché. Je me force à passer la dernière bosse en courant. Une fois en haut, je me retourne et vois le
coureur à moins de 5 mètres. Inutile de lutter, je ne souhaite pas finir au sprint. Je me décale et fini tranquillement sur la place de Nant. J'ai déjà assez forcé pour la
journée.
Points positifs : Bien content d'avoir fini, même dans la douleur. Cette expérience me prouve que le fait de terminer une épreuve peut déjà être bien difficile. Ça forge le mental pour les prochaines épreuves. Et puis finalement, j'ai tenu l'objectif que je m'étais fixé en cours de parcours : finir dans les 100.
D'un point de vue plus général, même si le résultat n'est pas celui espéré, je suis persuadé que ma préparation a été bénéfique et qu'elle m'a permis de progresser (ça devrait payer l'an prochain).
Autre gros élément de satisfaction, cette préparation m'a permis de passer de forts agréables moments sportifs
avec mes amis Christophe, Thierry, Damien, et également de faire la connaissance de Franck
Points négatifs :Le résultat est bien sûr décevant, puisqu'il s'agissait de mon objectif de l'année et que j'avais fait le maximum pour que tout se déroule bien.
Les crampes sont venus bien trop tôt. Ensuite, ça a été dur de lutter pour rester dans les temps prévus. D'autant que le sommeil était très présent par moment.
Les raisons de cet « échec » :
Selon moi, cette « contre-performance » (ça en est bien une puisque je finis à ½ heure du temps souhaité) est en premier lieu dûe à ma blessure au pied. Pas vraiment au niveau douleur, puisque sur la course, je ne l'ai quasiment pas senti (excepté la première heure), mais plutôt sur la finalisation de mon entrainement. En effet, j'ai dû stopper brusquement l'entrainement 2 semaines et musculairement, ça s'est senti. Mais je pense que c'est surtout mentalement que cette blessure m'a affecté. En effet, tout était si parfait jusque là, que j'étais très concentré et motivé sur ma performance à réaliser. Après la blessure, c'est comme si tout s'écroulait. Je n'avais même plus envie de penser à la course. Je ne voulais plus vraiment prendre le départ. Je me suis même posé la question si ça valait le coup de faire le déplacement et de perdre une semaine de congés... j'étais très démoralisé. Et ce sentiment n'a jamais vraiment disparu. Même lors de mon dernier footing, l'avant veille du départ. C'était rassurant, mais toujours un peu incertain.
Du coup, le dimanche, j'étais un peu hors de la course. Presque à me dire que si c'était dur, c'était normal et que je ne forcerai pas trop. Du coup, je me suis ensuite probablement trop focalisé sur mes douleurs musculaires, et elles en ont été « décuplées ».
Autre élément entrant en jeu, la fraicheur mentale. La blessure m'avait créé un stress inutile durant 2-3 semaines, mais les 2 derniers jours ont accentué cette tendance. Une grosse partie de la veille j'ai senti le stress monter pour tout et rien (l'attente de Fanny au ravito, à l'arrivée, la préparation des affaires de ma fille, de mes affaires de courses, de mes ravitaillements, pas mal de personnes à voir le samedi,….). Ajouté à cela deux nuits trop courtes, il est évident que je ne me présentais pas au départ dans les meilleurs conditions.
En tous cas, pour les prochains gros objectifs, il me faudra gérer autrement et davantage anticiper, afin d'avoir l'esprit plus serein.
Analyse de course :
Distance : 72 km et 3200 D+
Vitesse moyenne : 8,8 km/h sur la course
Temps de 8h13'41'' et le vainqueur (Thierry Breuil) en 6h27'13''
Proportionnellement en termes de durée, j'ai mis 27 % de plus que le vainqueur
Cross Régional de Rhône-Alpes
à Mably (42)
le 07 février 2010
Pas d'objectif
Nicolas Darmaillacq
Yann
Nourry
Xavier
Marchand
Thierry Breuil
Team Salomon
Thomas Lorblanchet
Julien Chorier
Mickaël Van
Exe
Caroline
Freslon-Bette
Catherine
Dubois
Guillaume
Lenormand
Guillaume
Bernard
Ludovic
Pommeret
Emmanuel Gault
Sébastien
Chaigneau
Romu DePaepe
Erik Clavery
Vincent
Delebarre
Thierry Chambry
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