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Contexte : Ayant déjà participé à cette épreuve l'an passé, je souhaitais revenir pour vivre à nouveau un excellent week-end sportif. De plus, la présence de Christophe et de Thierry ne pouvait qu'ajouter en convivialité.
Objectif : Niveau 2 : Objectif important. Il s'agit de mon objectif de l'été, puisqu'après, débutera la préparation pour les Templiers. Même si le sens du tour est inversé par rapport à l'an passé, j'espère faire au moins aussi bien que mon temps de l'an passé (13h20) et si possible, rentrer dans les 10 premiers du classement.
Déroulement :
Vendredi :
Nous arrivons le vendredi soir pour le Briefing de Philippe Delachenal, l’organisateur de la course. Celui-ci nous demande
d’être vigilant sur le balisage et sur la beauté des paysages. Une fois terminé, nous installons nos tentes et prenons notre diner riche en glucides (pâtes, pour changer…).
Nous nous
endormons paisiblement, en "rêvant" à l’étape qui nous attend.
Samedi :
Le départ de la course étant à 6h00, nous avions prévu le réveil vers 3h30. Mais, n’ayant pas entendu
ma montre, je me réveille un peu à la bourre vers 4h30. Du coup, je suis un peu speed pour prendre mon p’tit déjeuner, préparer mon sac et ranger ma tente et mon couchage. Mais finalement, tout
se passe bien et nous nous présentons sur la ligne de départ avec les autres concurrents, à proximité du plan d’eau de Queige (528m), alors que le soleil se lève doucement.
Le départ est donné et nous nous élançons sur
un chemin assez roulant. Mais cela ne durera pas très longtemps, puisque nous prenons rapidement un sentier qui monte, qui monte… Un groupe d’environ
12 ou 13 coureurs s’est déjà détaché et je préfère monter à mon rythme, la journée sera longue. Cette ascension qui nous conduit à la Roche Pourrie (2050m) propose un bon dénivelé de 1550 D+ et
s’effectue en quasi-totalité à l’ombre. Ce n’est pas pour me déplaire car cela me permet de ne pas trop « chauffer ».
Dans la première demi-heure de montée, 2 coureurs me dépassent alors que je suis sur un rythme que j’estime correct. Je me retourne et aperçois un bon groupe de coureurs (dont Christophe et Thierry) à 2 ou 3 minutes derrière moi. Je commence à me dire que je n’ai peut-être pas d’aussi bonnes jambes que prévu… Mais petit à petit, je reviens doucement sur deux coureurs (dont le frère de Dawa Sherpa) et distance le groupe de poursuivants. Je dépasse ces 2 coureurs et arrive bientôt à un refuge (Mouliessoulaz) où se trouve le premier ravitaillement après 1h37 de course. Je ne m’attarde pas trop (juste le temps de boire un coca) et repars en mangeant 2 quartiers d’orange. Je talonne bientôt un autre coureur, mais son rythme me convient pour l’instant plutôt bien et je reste derrière lui en discutant un peu du magnifique paysage et de la météo qui s’annonce généreuse.
Je me retourne juste pour voir l’écart que nous creusons et aperçois un coureur qui me semble familier et qui nous revient doucement dessus. Il s’agit de Samuel Bonaudo (4ème à l’UTMB 2007). Je pense alors qu’il a dû s’égarer ou bien qu’il a été obligé de s’arrêter quelques minutes au refuge, mais qu’il nous déposera facilement.
Le sommet est à proximité et je force un peu
mon allure. Je dépasse le coureur qui m’accompagnait et atteins la Crête de la Roche Pourrie (2050m). A présent place à une bonne descente où j’espère pouvoir gagner un peu de
temps.
Après quelques minutes de descente Samuel Bonaudo me rattrape et je lui facilite le passage. Mais il ne me distance pas comme j’aurai pu le croire et j’arrive à le suivre plutôt facilement. Nous revenons sur un groupe de 4 coureurs, peu à l’aise en descente dans une partie assez technique. Après une trentaine de secondes, voyant que Samuel ne double pas et que les coureurs ne nous laissent pas le passage, je prends l’intérieur d’un virage assez technique et dépasse l’ensemble du groupe. Je profite des virages suivants pour creuser un peu l’écart.
J’arrive bientôt sur une piste carrossable que
je quitte rapidement pour un sentier en faux plat montant. Sur ce sentier, Samuel B me reprend et je force un peu pour rester à son contact.
Une vue somptueuse sur le Mont Blanc s’offre à nous, mais nous entamons déjà une
nouvelle ascension. Cette montée vers le col de la Bathie est assez morcelée et alterne montées techniques et passages roulants. Dès le début de l’ascension, Samuel me distance d’une dizaine de
mètres et je lui souhaite alors bonne route. Mais peu à peu, j’arrive à recoller pour franchir le col avec lui. Nous basculons dans la descente et nous parvenons au refuge des Arolles, deuxième
point de ravitaillement après 2h35min de course.
Je refais le plein d’eau et grignote un peu d’orange. Je
profite aussi de cet arrêt pour remettre la semelle de propreté de ma chaussure, car celle-ci commençait à sortir par la cheville. Je questionne un peu Samuel, car je suis surpris de le voir
encore avec moi, mais il me dit qu’il revient d’une reconnaissance de l’UTMB sur 4 jours et qu’il effectue ce Tour de Beaufortain comme un entraînement soutenu.
Je repars seul du ravitaillement en
contemplant une nouvelle fois le point de vue sur le Mont-Blanc. Je conserve un bon rythme dans une portion assez sauvage et reprend un concurrent juste avant de rejoindre un large chemin
carrossable.
Je me rappelle l’an passé et je sais qu’il y a maintenant
une longue descente jusqu’au lac de St Guérin. La pente est assez faible et je déroule tranquillement afin de ne pas me créer de crampes. Nous traversons quelques alpages et le coureur qui
m’accompagnait me distance peu à peu. Je ne cherche pas à le suivre, pensant pouvoir le rattraper dans la fin de la descente, car le chemin est un peu plus technique. Mais en passant sous une
clôture électrique (délimitant un alpage à vache), ma ceinture cardio se défait. Je dois donc m’arrêter et retirer mon porte-bidons afin de la remettre. Je repars après une minute
d’arrêt mais ne parvient pas à revenir sur le coureur dans la descente qui suit.
J’arrive sur le bord du lac de St Guérin et me voici maintenant sur un large
chemin qui contourne ce lac. Je trottine à une allure de footing et suis surpris de voir sur ma montre que je tiens tout de même une allure de 11.5 km/h, malgré les 27km et 2320m D+ déjà
parcourus.
Malgré ce rythme, je me fais rattraper dans ce
passage roulant. Aucune surprise puisqu’il s’agit de Samuel B. Je fais l’effort pour rester avec lui et nous parvenons au ravitaillement ensemble.
Je demande aux bénévoles s’ils ont une idée de notre classement. Nous sommes
5ème et 6ème. Une bonne surprise puisque je pensais plutôt être vers la 12 ou 13ème place. Je prends mon temps sur ce ravito (je reste 2min20) afin de bien
souffler avant d’attaquer la seconde moitié de cette étape. Un coureur arrive et repart quasiment aussitôt, suivi de Samuel. Je repars une petite vingtaine de secondes plus
tard.
Cette seconde partie débute par la longue ascension du col de Coin, d’environ 900D+. Je sais que je vais un peu souffrir dans cette montée puisque celle-ci est assez dégagée et que le soleil va « taper » vers le sommet. Je m’efforce de conserver des petites foulées, mais reprends une marche rapide dès que je sens que je force un peu trop.
Je reviens sur les 2 coureurs repartis avant moi du ravito, et reste quelques instants avec eux. Dans un passage une peu caillouteux, je tape mon pied gauche dans une grosse pierre. Cela arrive, mais en général la douleur passe après un court instant. Là, la douleur s’installe, ce qui me laisse supposer que le coup fut plus violent qu’à l’accoutumé et qu’un ou deux orteils sont peut-être cassés. Quoiqu’il en soit, cela est tout à fait supportable et ne me dérange pas plus que ça dans ma progression.
Je prends l’allure de Samuel B et nous distançons petit à petit l’autre coureur. Quelques instants plus tard, nous revenons et dépassons le quatrième, qui nous confie qu’il est complètement mort. Il marche péniblement alors que nous parvenons encore à trottiner sur cette faible pente. Je suis assez euphorique mais je ne m’emballe pas, sachant que l’arrivée est encore loin. Je regarde un peu devant et aperçoit le 3ème qui ne possède qu’environ 3 ou 4 minutes d’avance. L’euphorie me fait rêver que si tout va bien, je peux peut-être finir sur le podium de cette étape.
Seulement, une petite dizaine de minutes plus
tard, je commence à sentir la fatigue. Je tiens encore un bon rythme mais sens que je ne pourrai pas le tenir jusqu’à la fin de l’ascension. Samuel se détache et je reviens à la réalité de la
course.
Je tente de courir un maximum dès que possible, histoire de sécuriser ma 5ème place au maximum. Bientôt, la pente devient plus raide et le col du Coin se rapproche plus lentement. Il ne doit rester qu’environ 300D+ à monter. Je commence à vraiment peiner mais continue mon effort tant bien que mal. Je regarde derrière et aperçois que les 6ème et 7ème se sont presque rejoints et sont à environ 2 minutes.
Quelques mètres plus haut, je franchis enfin ce col du Coin. Un secouriste me propose un peu de ravitaillement. Je prends une orange et plonge dans la descente.
Etant un peu ballonné par l’effort de la montée finale au col du Coin, je descends sans trop forcer tout en me restaurant de mon orange. Je laisse bientôt la large piste pour un petit sentier qui part sur la droite. C’est le début de la dernière ascension. Celle qui nous mènera jusqu’au point culminant de ce tour du Beaufortain, le col de Grand Fond à 2680m.
La montée s’effectue sur un chemin étroit, parsemé de rochers. Je sens d’entrée que je n’ai pas suffisamment récupéré dans la descente et que cette ascension va être un long chemin de croix. J’avance péniblement en regardant mon altimètre qui n’avance pas assez vite. Je suis contraint d’effectuer quelques secondes de pause tous les 100m d’ascension pour me forcer à boire. Je tente de manger une barre, mais rien ne passe.
Dans une partie bien raide, le coureur que
j’avais dépassé dans le col du Coin me reprend. Il n’a pas l’air spécialement en forme, mais il est déjà bien mieux que moi. Je progresse en tentant de limiter le retard sur ce coureur. J’arrive
bientôt à un premier col, où des secouristes m’indiquent que le ravito n’est qu’à 10 minutes. Effectivement, j’aperçois le refuge de Presset, un peu plus haut.
Une portion un peu plane me permet de trottiner un peu,
puis je marche dans le franchissement d’un névé. Voici enfin l’ascension jusqu’au refuge, qui finalement passe assez bien en alternant course et marche.
Je fais le plein de mon bidon d’eau et bois 3 verres de coca et un de sirop. Je repars comme à mon habitude, en emportant deux quartiers d’orange que je mange en progressant. Le col se trouve encore 160m plus haut. Mais dans ma tête, je suis presque déjà aux Chapieux, car je sais qu’après ce col, il ne restera qu’une (très) longue descente jusqu’à l’arrivée.
Du coup, je retrouve une allure correcte de
montée. En me retournant, je vois que le coureur de derrière repart du ravito avec 3 minutes de retard sur moi.
Le début de cette portion finale est assez roulant et
j’arrive bientôt sur les premiers névés, que je passe assez aisément. Mais sur le dernier névé à franchir, je pose mal mon pied gauche et glisse de quelques mètres sur le postérieur. Rien de
grave mais cette glissade me déclenche quelques crampes dont une énorme au mollet gauche. Je dois vraiment m’employer pour arriver à la faire disparaitre. Dès la sortie de ce névé, je m’étire
quelques secondes chaque mollet en espérant que cet épisode ne se reproduira pas, puis repars vers le sommet.
La pente devient bien raide et je pioche un
peu pour atteindre le sommet sans trop ralentir. Au col, je vois que j’ai environ 2 minutes de retard sur le 5ème (j’ai pris les écarts sur mon chrono). Je prends une minute pour
récupérer un peu et remettre mes chaussures correctement, la semelle de propreté étant encore sortie de ma chaussure par la cheville.
Je plonge ensuite vers les Chapieux et j’espère pouvoir revenir sur le coureur
de devant. En descendant je me retourne de temps à autres afin de mesurer mon avance sur le coureur suivant. Celui-ci franchit le col avec 3 minutes de retard. J’effectue cette descente sur un
bon rythme, mais sans trop attaquer non plus, car je ne souhaite pas que la répétition des chocs sur cette longue descente laisse trop de séquelles pour demain. En plus, même si ça va un peu
mieux, je suis toujours un peu ballonné.
Malgré la durée de cette descente d’environ 1100 D-, je ne parviens pas à revenir sur mon prédécesseur, ni même à l’apercevoir.
Je franchis la ligne en 6ème position, en 7h47’32’’. A ma montre cette étape faisait 53.5km pour 3880 D+. Je finis avec 4’30’’ de retard sur le 5ème, mais aussi avec 13’45’’ d’avance sur le 7ème, de quoi pouvoir gérer un peu le lendemain.
J’ai toujours quelques nausées, mais j’arrive
à un peu boire du coca et de l’eau gazeuse. Après m’être reposé un peu en discutant avec Samuel Bonaudo et Philippe Delachenal (l’organisateur), je vais prendre une bonne douche froide. Mais cela
me fait plutôt du bien car je sens que mon corps est un peu en hyperthermie.
En retirant mes chaussures, j'ai pu m'apercevoir que le coup de pied que j'avais donné dans une pierre m'a en effet cassé un orteil, puisque celui-ci est légèrement gonflé et bien bleu.
Après la douche, je vais attendre Christophe qui arrive en 8h34 (bravo). Mais à partir de là, je suis pris d’un gros coup de barre. Du coup, je me bouge un peu pour aller monter ma tente et
pouvoir me reposer au calme.
Après une longue sieste et quelques vomissements, je commence à aller mieux vers
18h00, soit 4h00 après mon arrivée. L’appétit étant revenu, je « picore » sur le buffet d’arrivée et me réhydrate par petites gorgées. Entre-temps, Thierry a rallié l’arrivée en
9h48’23’’, superbe perf puisqu’il est encore novice sur ce type d’effort.
J’utilise ensuite mon Compex en massage régénérant sur les quadriceps. Les mollets seront massés après le repas.
Philippe Delachenal effectue le briefing de l’étape du lendemain et nous confirme qu’il y aura bien 3 départs, afin de concentrer un peu les arrivées du lendemain. Les 50 derniers environ (les contemplatifs) s’élanceront dès 6h00, puis un groupe principal d’environ 70 coureurs à 7h00 (dont Thierry) et enfin les 30 premiers (relais compris) partiront à 8h00 (dont Christophe et moi) ; ce n’est pas pour me déplaire puisque je pourrai ainsi mieux me reposer.
Le diner se déroule en extérieur dans une ambiance toujours aussi conviviale. Rien à redire sur le menu suffisamment copieux et riche en sucres lents, agrémenté d’une touche de terroir (Beaufort).
Ensuite extinction des feux puisque demain nous repartons pour une nouvelle étape, certes moins exigeante, mais avec la fatigue, elle peut s’avérer tout de même difficile.
Dimanche :
Réveil vers 5h45, ce qui nous permet de voir le premier départ de la journée qui a finalement eu lieu à 6h15. Ce qui implique que
les autres départs seront également décalés d’un quart d’heure. Après le petit déjeuner, Christophe et moi encourageons Thierry qui s’élance à son tour, dans une forme
surprenante.
Puis, après avoir rangé tentes et duvet, c’est
enfin à notre tour de nous placer sur la ligne de départ.
8h15, Philippe Delachenal libère les 30
coureurs. J’avais initialement prévu de tenter de partir avec la tête de course pour me forcer un peu à tenir un bon rythme, mais vu le départ canon imprimé par Dawa et quelques autres, j’ai vite
changer d’avis. Le parcours débute directement par l’ascension au col de la croix du Bonhomme et ses 900D+.
Je prends mon rythme d’ascension et me rends compte que les jambes vont plutôt
pas mal. En revanche, ce qui m’inquiète plus, c’est que j’ai l’impression que mon ventre n’a pas entièrement récupéré et qu’il va de nouveau me jouer des tours. Je reste donc prudent dans mon
effort. Dans l’ascension, j’essaye de trottiner dès que possible afin de garder une certaine dynamique. Je ne dépasserai personne et personne ne me dépassera dans cette montée. De temps en temps,
je me retourne et m’aperçois que Christophe est plutôt en forme, puisque c’est lui qui me succède. Je passe au refuge (premier ravito) en 55’ et en profite pour boire un peu de sucré et faire le
plein d’eau. Le col est juste au dessus et j’entame ensuite la descente vers la Balme.
J’effectue cette descente sans trop prendre de risque et en faisant bien attention à mes appuis. Je reviens rapidement sur un coureur qui m’avoue n’être pas très à l’aise en descente. Un peu plus bas, je dépasse un autre coureur. Je parviens bientôt au bas de la descente et l’itinéraire quitte le balisage GR du Tour du Mont-Blanc pour retrouver celui de GR Tour du Beaufortain. Je me retourne et m’aperçois que deux coureurs ne sont pas très loin (environ 2 minutes) et que juste derrière, un groupe de coureur s’est formé, dont Christophe fait partie. En revanche, je ne vois personne devant. J’ai donc un peu l’impression d’être moins à l’aise que les autres coureurs par rapport à la veille.
L’ascension vers le col de la Fenêtre commence doucement. Il y a pas mal de portions courables et je m’efforce d’en profiter pour consolider mon avance. Je me retourne régulièrement durant cette ascension. Derrière, l’un des 2 coureurs est distancé. Je continue mon effort et la pente devient à présent plus raide. Le sol est parsemé de petites pierres, ce qui rend les appuis moins stables. Je dépasse à présent un coureur partis dans un des groupes précédents. Je m’applique à garder un rythme soutenue et régulier, et je franchis bientôt la fameuse fenêtre.
Je souffle deux ou trois secondes et repars dans la petite descente. Je sais qu’à partir de maintenant, le parcours sera plutôt roulant, et constitué de nombreuses relances. Je suis plutôt confiant, car les jambes répondent encore bien.
A présent, je commence à dépasser assez
régulièrement les coureurs partis dans les groupes précédents. A chaque dépassement, je les félicite et les encourage et la plupart me retourne des mots bien sympathiques. Cela rajoute à l’esprit
convivial de cette course.
Après une courte descente, je parviens au ravitaillement du col du Joly. Je
refais le plein d’eau des mes 2 bidons et me surprends à avoir bien faim. Du coup, je prends quelques morceaux de Beaufort ainsi que du saucisson pour grignoter en
trottinant.
Malgré la fatigue qui commence à se faire
sentir, j’arrive toujours à courir sur les longs faux plats montants. Derrière, je vois que le coureur qui me suit ne cède pas de terrain. En revanche, le trou est fait sur nos poursuivants. Le
tracé nous propose ensuite un terrain au profil roulant alternant bosses courtes et passages plats, dans un sentier plutôt humide. Je négocie plutôt bien ce long passage puisque j’ai l’impression
d’augmenter un peu mon avance.
Nous atteignons bientôt l’une des nouveautés du parcours de cette année, une
variante qui nous emmène sur un sentier de crêtes. Le chemin est plus agréable que l’an passé, mais il n’est pas de tout repos. Une succession de bosses courtes et plus ou moins raides me
rappellent à l’ordre et je perds d’un mes bonnes sensations. Le coureur qui me suivait me dépasse et je m’efforce de limiter l’écart entre nous. Lorsqu’il m’a dépassé, il m’a fait plutôt bonne
impression et semblait dans un bien meilleur état de fraîcheur que moi.
J’ai déjà quelques dizaines de mètres de retard mais j’essaye de le garder en vue, car je sais que nous arrivons bientôt au ravito des Saisies et qu’ensuite, nous aurons une montée d’environ 300D+ sur le Mont Bisanne (où il faudra que je limite les dégats) puis une longue descente de 1350D- sur Queige. Une descente étroite qui me convient à merveille et où j’espère pouvoir reprendre un maximum de temps.
Je lutte donc dans ces dernières petites bosses et voici enfin la descente sur la station des Saisies. Comme il y aura bientôt le ravitaillement, je ne me prive pas pour boire et m’asperger d’eau, car je sens que je chauffe un peu.
Ayant regardé un peu le parcours du jour, je regarde ma montre (qui me donne distance et altitude) et je vois qu’il me reste environ 3km et 300D- jusqu’au ravitaillement. En descente, les sensations redeviennent convenables et j’augmente un peu mon effort. Je dépasse encore quelques coureurs partis précédemment.
Peu de temps après, je suis pris d’un doute affreux car je vois plus de balisage. Je m’arrête et scrute un peu mon environnement. J’aperçois un peu plus bas un balisage du GR Tour du Beaufortain, ce qui me rassure un peu mais pas complètement, car à l’approche de la station des Saisies, je ne serai pas étonné que le parcours quitte ce GR. Je repars tranquillement avec un léger doute en restant un peu sur mes gardes et j’aperçois un coureur en contre bas. Ce coup-ci, plus de doute, ce doit être le bon chemin. Je reprends donc une allure soutenue.
Mais après quelques lacets sur cette piste de ski, je regarde mon altimètre et vois que je suis à l’altitude attendu pour le ravito. Je poursuis un peu inquiet et 100m plus bas, plus de doute possible, je me suis trompé de chemin. Je me demande alors s’il vaut mieux remonter la descente que je viens de dévaler ou poursuivre jusqu’au prochain croisement ; j’opte pour la seconde option en espérant que je ne suis pas en train de perdre trop de temps. Je continue la longue piste sans voir d’autre chemin qui repartiraient vers la Station des Saisies.
Finalement, j’arrive à l’entrée du village d’Hauteluce, environ 350m plus bas que le ravitaillement. Le coureur que j’avais vu en haut de la descente vient juste d’arriver et il demande à une voiture où se trouvent les Saisies. Connaissant à présent la direction, il n’y a plus qu’à remonter. Mais la motivation n’est plus là.
Je repars en trottinant mais je sais que je vais certainement perdre des places par rapport à hier, alors, que j’avais pour l’instant plutôt bien négocié mon étape. La pente n’est pas raide et l’altitude ne monte pas assez vite. Je marche et laisse partir mon compagnon d’infortune. Je commence à avoir bien soif, mais mes bidons sont vides, puisque je pensais les remplir rapidement. Je me demande si la course vaut la peine d’être continuer. Mais comme de toute façon, si j’abandonne, il faudrait que je le signale à l’organisation aux Saisies, je poursuis mon chemin de croix.
La route faisant quelques lacets, je décide de prendre droit dans la pente afin de gagner un peu en distance. Il s’agira d’une bien mauvaise idée, puisque cette partie plus pentue n’a certainement jamais due être fauchée ; et je me retrouve au milieu de grandes herbes qui me picotent les jambes et qui m’obligent à davantage lever les pieds si je ne veux pas m’entraver. Cet effort supplémentaire me fait apparaître quelques débuts de crampes.
Je retrouve le bitume et décide cette fois-ci d’y rester, toujours assoiffé. J’arrive un peu plus tard à la station des Saisies (très animée en raison de la fête du bois) que je dois traverser pour retrouver le parcours de la course. La pluie s’abat violemment, ce qui amplifie mon sentiment de très mauvais moment, mais qui finalement est assez agréable car rafraîchissant. Je retrouve un groupe de coureurs qui ont connu le même souci d’inattention que moi, mais qui ont réussi à retrouver la route sans descendre jusqu’à Hauteluce.
Après quelques petites foulées, j’aperçois le ravito. Je remplis mes bidons et bois pas mal de boissons sucré. Je regarde ma montre, déçu, car je passe à cet endroit environ 50 minutes plus tard que mes estimations établies lorsque je me trouvais à 3km et 300m plus haut.
Je repars ensuite pour le dernier sommet de ce tour, le mont Bisanne. La montée est assez régulière mais dès l’entame, je souffre un peu. Ce qui m’oblige à ralentir et à monter à une allure de randonnée. Je passe au sommet et me sent un peu libéré puisqu'il ne reste « que » 1350m de D-.
J'attaque fort dans cette descente , en espérant qu'elle me permettra de limiter les dégâts causés par mon égarement/ La descente se passe très bien. Je dépasse pas mal de coureurs que j'avais déjà dépassé il y a quelques heures.
Quelques centaines de mètres plus bas, je commence à apercevoir quelques habitations et à entendre au loin une sono. J'accélère encore puis parviens enfin sur le stade d'arrivée, je produit un dernier effort et franchis la ligne après 6h29 de course. Je suis 24ème solo de l'étape. Bien content d'en avoir fini, mais très déçu de mon résultat du jour, gâché par mon inattention. D'autant que le coureur que je suivais avant de me perdre termine 5è ex-aequo de la journée et je me savais meilleur descendeur que lui (j'aurai peut-être pu reprendre les 5 minutes de retard de la veille et finir 5è au général). Tant pis, la vigilance fait aussi partie des qualités à avoir pour réussir une bonne course.
Après un bon ravitaillement d'arrivée, je retrouve Christophe arrivé un peu plus tôt, qui revient de l'osthéo. En revanche, pas de nouvelles de Thierry, alors que ni Christophe ni moi, ne l'avons dépassé sur le parcours. Il ralliera finalement l'arrivée un peu plus tard, après un bon détour d'environ 1h15. En effet, il a manqué une balise dans la dernière descente, et s'est retrouvé à descendre dans la mauvaise vallée. Il a ensuite suivi la route pour retrouver Queige. C'est fort dommage car il avait réussi un très bon début de parcours.
Sur l'ensemble du weekend, je reste de justesse dans les 10 premiers puisque je finis 9ème en 14h16. Christophe, en préparation pour l'UTMB, se classe 21ème en 14h52 et Thierry 74ème en 18h03.
En comparant les résultats de cette année avec ceux de l'an passé, je m'aperçois que le tour s'est en moyenne bouclé en davantage de temps ce coup-ci (exception faite du phénomène Dawa Sherpa qui était malade l'an passé). Par exemple, Martine Volay, 1ère femme sur les 2 éditions, a mis 1h de plus cette année alors qu'elle semblait mieux préparée. Autre exemple, les 10è et 14è de cette année ont mis respectivement 50' et 45' de plus que l'an passé.
Sans mon « petit détour », j'aurai certainement approché mon chrono de l'an dernier, ce qui dénote une légère progression de mon niveau sur un an.
Points positifs :
· le résultat est tout de même positif puisque mon objectif était de finir dans les 10 premiers. C'est donc chose faîte, malgré une perte de pas mal de temps dans mon détour (environ 6km de plus et 350D+)
· Le choix du matériel de course fut plutôt bon et adapté (ceinture porte-bidons, pas de vêtements chauds, ...). De même, le matos de logistique fut également un atout supplémentaire (Compex, chaussures de rechange pour le 2ème jour,...)
Points négatifs :
* le gros mauvais point est mon manque d'inattention qui m'a couté au moins 45 minutes (plus la baisse de motivation et la dépense d'énergie supplémentaire).
* les troubles sont une nouvelles fois apparus (sur la première étape), ce qui me confirme que j'ai un réel problème de ce coté là; et ce, dès qu'il fait un peu chaud et que je dépasse les 5-6 heures d'effort.
Graphe de l'étape 1 : la fréquence cardiaque en haut et l'altitude en bas
Sur les Traces des Ducs de Savoie
" TDS " (de Courmayeur à Chamonix)
le 28 août 2010
111 km pour 7000m D+
Objectif Majeur
Nicolas Darmaillacq
Yann
Nourry
Xavier
Marchand
Thierry Breuil
Team Salomon
Thomas Lorblanchet
Julien Chorier
Mickaël Van
Exe
Caroline
Freslon-Bette
Catherine
Dubois
Guillaume
Lenormand
Guillaume
Bernard
Ludovic
Pommeret
Emmanuel Gault
Sébastien
Chaigneau
Romu DePaepe
Erik Clavery
Vincent
Delebarre
Thierry Chambry
Arnaud Etienney
Esprit Trail Anjou
Arnaud Legall
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